Guignol figure emblématique des gones

HISTOIRE :

Laurent Mourguet, crée la célèbre marionnette Guignol aux alentours de 1808. Ouvrier en soie, les temps sont durs pour les canuts. Il décide alors de devenir marchand-forain pour survivre et utilise un Polichinelle, marionnette en vogue à l’époque, pour attirer la clientèle. Il délaisse rapidement Polichinelle et crée ses propres marionnettes : Guignol puis Gnafron.

Ce sympathique personnage prend à partie des petites gens en clamant l'injustice sociale et en dénoncant les bourgeois comme les autorités régionales ou nationales.

Très vite, Laurent Mourguet se consacre entièrement à son rudimentaire théatre de marionnettes installé dans la grande allée des Brotteaux.

Populaire et moqueur, Guignol est l'image du lyonnais pudique et laborieux, mystique et travailleur. Il connut un grand succès populaire à partir des années 1830. A la fin du XIXe la bourgeoisie lyonnaise récupère ce personnage et à la même époque, elle transforme ses histoires en spectacles pour enfants.

DE NOS JOURS

Aujourd'hui, petits et grands rient encore de ses aventures dans les théatres fixes et itinérants de Lyon.

Guignol n’est pas qu’une marionnette pour enfants même s'il est vrai que les castelets, où espièglerie et bouffonnerie exagérées sont de mise, entretiennent cette caractéristique. Avec près de deux siècles d’existence, Guignol est un mythe, une marionnette universelle et l’un de nos meilleurs ambassadeurs. A différentes époques, plusieurs émissions de télévision à caractère satirique ont fait référence à notre marionnette nationale jusqu’aux Guignols de l’Info qui reprennent le nom de Guignol et, par le biais de marionnettes, vilipendent et chahutent hommes politiques et personnages publics comme à l’origine du personnage.

Guignol, c'est aussi aujourd'hui un nom commun qui designe de manière générique toutes les marionettes et tous les enfants turbulents et espiègles. Comme l'écrit Paul fournel, "guignol est le polisson du monde le mieux partagé.

Mais plus que cela, il incarne l’esprit français, cet esprit critique et truculent qui, au travers de facéties, proclame son insoumission et sa révolte contre l’injustice. A tel point que le Second Empire, qui constata l’influence que l’esprit de Guignol avait pu avoir sur les révoltes des canuts de 1831 et 1834, le censura comme révolutionnaire et empêcha l’ouverture de nouveaux théâtres.

Pour découvrir Guignol, la Tribu des Gones vous recommande: La Compagnie M.A. et La Compagnie Daniel Streble.



la mère Cottivet

Après leur révolte contre l'exploitation au XIX° siècle, les tisseurs de soie lyonnais, très pauvres, qu'on appelait les canuts cherchèrent des moyens de se reconvertir.

Une des idées fut de créer un Théâtre, le GUIGNOL, dont les "acteurs" seraient des marionnettes taillées dans du bois et habillées de chutes de tissus provenant des métiers à tisser.

Enfin, un gone, observant une pittoresque vieille concierge dans sa loge de la montée de la Grand'Côte à la CROIX-ROUSSE, eut l'idée de l'imiter ! 

La mère Cottivet, c'est un répertoire de répliques culte et une figure emblématique de la culture lyonnaise. De 1927 à 1971, la mère Cottivet, interprétée par Elie Perigot-Fouquier, est sur les ondes de Radio-Lyon ou elle commence chaque émission par sa fameuse accroche :

« En descendant montez donc, vous verrez le p'tit comme il est grand ! »